Calou et ses Loulous

March 7, 2009

Y a-t’il à pardonner ? [Violine] — Calou @ 11:07 pm

Il y a de ces blessures qui ne se refermeront jamais. Des blessures faites par des hommes en lesquels on a cru, que l’on a aimés passionnément, avec lesquels on a fait l’amour avec adoration.
De ces hommes dont les propres blessures sont trop profondes pour être refermées par une seule femme. Dont les douleurs sont trop intenses, pour être apaisées par des baisers et des caresses.
Violine était de ceux-là. Il voulait connaître la folie au quotidien ce qui lui aurait permis, pensait-il,d’échapper à son destin de fils de bonne famille, castré par une mère qui n’en était plus une.
De la folie, il désirait en introduire un zeste dans sa vie. Mais sa rencontre avec une reine du genre a changé son quotidien. Le mirage qu’elle lui tendait était tellement à l’image de ce dont il rêvait qu’il a plongé dans ces eaux troubles. L’illusionniste était elle-même persuadée de la vérité de cet univers qu’elle avait créé de toutes pièces.
Il y a plus d’un an, au moment où il tentait de sortir de ce rêve sans fin dans lequel il s’était fourvoyé, nous nous sommes aimés. Mais, au moment où j’avais le plus besoin de lui, quand ma sœur décidait, sans succès, de rejoindre le royaume des ombres, il est parti rejoindre celle qui lui promettait un monde meilleur.
Nous nous sommes retrouvés en août. Il nous semblait que c’était hier. Tout était pareil. Même plaisir d’être ensemble, même intensité dans l’amour. Je suis tombée dans des abîmes quand il m’a indiqué être retourné auprès de sa reine après avoir pensé qu’il n’était que l’un de mes nombreux amants. Je lui ai dit ce que je peine toujours à dire aux hommes les plus valeureux, ce avec lesquels j’aimerais partager un bout de route.
Quelques jours plus tard, la reine de pique, toujours sur le trône, a fouillé les effets de son roi. Elle a trouvé une empreinte, maigre trace de notre rencontre, sans que rien ne soit écrit sur les soupirs échangés la nuit.
Elle a pleuré mais surtout menacé, proféré le pire à mon encontre. Le fou de la reine a pris peur. Il a surtout été lâche. Envers elle, envers moi. Depuis ce temps, mon sac cache la photo de la damoiselle et ses coordonnées. Juste au cas où l’illusion ne lui suffirait plus.
En janvier de cette année, nous nous sommes revus aux fêtes dispensées par notre grande entreprise publique. Il était toujours là, derrière moi. Ma froideur le décourageait à peine. Une heure après son départ, je reçus un texto : « Je suis vraiment peiné que nos relations soient devenues aussi froides et formelles. Mais je sais que tout est de ma faute. Je voudrais le beurre et l’argent du beurre … et la jolie crémière métisse. Je suis trop ambivalent. Néanmoins je te promets que si j’arrive à quitter mon dragon, je t’aimerais comme un damné. Et c’est pas que des conneries. Bises, je te souhaite de trouver ce que tu cherches. » D’amour, je suis passé au sentiment de mépris tant je savais qu’il ne pouvait sortir des emprises de sa reine folle et face à l’illusion qu’il avait lui aussi fini par se parer.

Ce vendredi 6 mars, à 9h26, Violine m’a envoyé ces quelques mots : Je voulais juste t’envoyer un petit mot pour te demander d’accepter toutes mes excuses pour le mal que je t’ai fait en 2008. Bonne continuation et plein de bonheur.

Il m’a fallu tant de mois pour ne plus rêver à lui. En lisant ce message, la douleur revient. Vive, profonde. Purulente. Il faudra pourtant apprendre à vivre avec. Ma raison me dit qu’elle s’atténuera d’elle-même.

Sur la platine, Alain Bashung chante merveilleusement une adaptation de Suzanne, de Léonard Cohen. Album Bleu Pétrole. Et dit aussi qu’aucun amant ne livre la même humeur dans son Hier à Sousse.

September 24, 2008

Valse avec Violine [Violine] — Calou @ 8:34 pm


Trois jours après mes 40 ans ! En fait, c’est totalement idiot. Cela aurait pu se passer 10, 15, 30, 65 jours après cette date que j’ai encore du mal à digérer.

Trois jours après mon anniversaire, nous avions rendez-vous au cinéma. Je connaissais juste le nom du film, je ne savais rien de plus. Le choc des images (d’animation), le poids de l’histoire. Valse avec Bachir fut trop fort pour moi ce soir. L’émotion était la même que lorsque je vis, adolescente, Nacht und Nebel.

Rhum, vin, bière ; j’ingurgitais tout pour diminuer la douleur irradiant du cou vers les hanches consécutive à cette vision. Le mélange fut fatal. Je l’embrassais, enchantée de savoir que notre histoire s’était terminée sur un non-dit de nos sentiments. Je vomissais dans le canal face à cette caserne des pompiers, gorgée d’émotions et de sentiments.

La nuit qui suivit fut encore merveilleuse, comme chacun des instants passés avec Violine.

Le lundi suivant fut cauchemardesque. Un message, m’annonçant que sa triphasique bipolaire avait fouillé son agenda et envisageait de me lancer des menaces par téléphone. À ma demande, il m’envoya sa photo et ses coordonnées. Depuis, ce document ne quitte plus mon agenda, indiquant que la donzelle avait envisagé de me menacer.

Elle ne le fera sans doute jamais, après que j’eus indiqué qu’elle pouvait le garder. Lui, le Pierre Richard de l’amour. « Oh ! Désolé ! J’ai piétiné votre cœur ! Mes excuses, j’ai foulé vos sentiments les plus profonds ».

Ce matin, je l’ai revu. Il sortait de son bureau et afficha un grand sourire à ma vue. Je laissais volontairement mon sourire de personne aimable retomber. La mine grave, je demandais à son voisin de bureau : « où est la salle de formation ? J’ai dû me tromper de couloir ».

J’espère qu’il a compris que je ne serai jamais, comme il l’espère tant, sa confidente, son amie, sa psy, aussi celle dont il admire la conduite vis-à-vis de l’enfant. Que Violine se débrouille avec son mal-être.

March 7, 2008

La toison d’or [Les autres] — Calou @ 10:27 pm

Ayant annoncé un quart d’heure de retard, je suis finalement en avance. A un texto pour me demander comment je suis habillée, je faillis répondre que j’étais nue dans ce café aux portes de Paris où il m’avait donné rendez-vous.

Il ressemble bien à la photo qu’il a publiée. Blanc, rond, les cheveux et la barbe blanche. Ce n’est pas encore le troisième âge ; il y est dans six ans, moi dans vingt-et-un. Il n’a finalement pas 52 ans mais 56. Chirurgien obsétricien, il n’étale pas sa richesse mais son prestige. "Je suis connu dans le quartier", dit-il en subtances dans les histoires qu’il raconte et dont il déplore le manque de considération locale.

Il me fait rire sur certaines histoires. Il m’ennuie sur d’autres. Ses réactions enthousiastes à la négritude blanche que j’arbore me laissent froide. Il ne le sait pas, mais je parcours le chapitre sur la prostituion dans King Kong théorie de Virginie Despente en ce moment. Il ne le sait pas, mais hier, jeudi 6 mars, j’ai passé la journée dans les boutiques entre un sous-vêtement champagne, un livre et le parfum que j’ai enfin réussi à retrouver. Trois éléments-phares de la féminité. Par hasard, j’ai retrouvé l’essence qui me caractérise. Avant d’aller à ce rendez-vous, des dessous de la couleur du champagne et deux pressions sur le vaporisateur m’ont redonné la sensation d’une séduction à venir.

Cabochard de Grès, ou comment être femme poivrée, fleurie, épicée et sucrée tout à la fois. L’être féminin par excellence. L’art d’un grand parfumeur.

Il m’assure que je chavirerai sous ses coups de butoir, puis que lesdits coups de butoirs me rendront monogame. Il se vante d’être bien fourni en matière de turgescence. Son imagination hésite entre des tétons bruns comme les noires ou clairs comme les blanches. Il annonce fantasmer sur la longueur de mes jambes.

C’est la promesse d’un dîner dans je ne sais plus quel restaurant célèbre qui m’a poussé à dire oui : vendre dans exactement onze jours mon corps contre un plaisir culinaire éventuellement intense. Et s’il y en a un qui criera de plaisir, ce sera lui.

Paul Personne, Hubert-Félix Thiéfaine, Amant sous contrôle. Album Amicalement blues

  • Tu m’as gonflé ces derniers soirs avec ton vague regard fêlé de fille qui joue madame de beauvoir en ségolère ivre & camée.
  • Mais ça va bien, mes désirs sont en tungstène, mais ç va bien, j’te sens blottie au fond d’mes veines.
  • Les pâles ombres de tes cils sur ma pauvre âme damnée me rappellent que toutes les femmes sont futiles quand elles oublient de nous flinguer.
  • Mais ça va bien, mes désirs sont un peu blêmes, mais ça va bien, j’te sens blottie au fond d’mes veines.
  • Tu es mon île dans mes amours insensées, tu es de celles qui ont le style, gravées au fond de mes pensées, aussi sexy, my baby.
  • Je t’ai souvent prié comme une déesse, te suppliant de m’aimer, de me donner de la tendresse alors que j’étais blessé.
  • Mais ça va bien, mes désirs sont dans la peine, mais ça va bien, j’te sens blottie au fond d’mes veines.
  • Mais ça va bien, ça va bien, blottis toi, blottis toi, pénètre dans mes veines, o ma baby, pénètre en moi, ça va bien.

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February 18, 2008

Sevrage déclaré [Violine] — Calou @ 10:00 pm

Le 24 janvier 2008 à 7h38 du matin, je recevais deux textos.

Le premier, signé Violine, était plutôt laconique. Voilà, c’est fini. Il ne parlait pas de moi, mais de son amie précédente, diagnostiquée par le corps médical comme paranoïaque à tendance bipolaire et qui ne prenait pas le traitement qu’on lui recommandait.

Le second, signé de ma première soeur, m’annonçait la tentative de suicide de la seconde 36 heures plus tôt. A partir de ce moment, le monde - mon monde - n’a plus tourné qu’autour de cette nouvelle et de la venue de petite soeur chez nous.

Pendant tout ce mois de janvier, il a pris sur lui pour m’apporter ce soutien dont j’avais besoin et que je lui avais demandé. Peut-être était-ce trop pour un homme aussi fragile qui se réfugiait dans ce qu’il connaissait de mieux depuis son enfance, à savoir la souffrance. Ainsi en est-il de sa relation avec cette femme qui le manipule comme une simple balle en caoutchouc. Je te prends, je te malaxe, je t’étire jusqu’à la limite de la déchirure, je te remets en forme, …

Ce week-end, elle a remis la main sur son joujou préféré qu’elle habille de cuir et traîne en pseudo soirée sado-maso. Ils font l’amour bourrés comme des coings et fourrés jusqu’au trognon de boulettes huileuses euphoriques, elle pour amoindrir ses pathologies psychiatriques, lui pour se désinhiber et avoir l’impression de faire des folies dans sa vie. Elle le trompe devant lui tout en l’assurant qu’elle ne le trompe pas. Tout ça, il le sait. Mais il dit ne pas pouvoir lutter. Sa reddition en connaissance de cause reste pour moi incompréhensible. Mais je ne suis pas à sa place et encore moins sa psy (son nouveau psy en fait, avec lequel il vient de prendre un abonnement de quelques années).

Ce soir, il m’a fait comprendre oralement que ce texto était à nouveau d’actualité, mais que la destinataire avait changé depuis le 24 janvier dernier. Il doutait cependant d’avoir pris la bonne décision. Il connait pourtant la réponse. Un lucide à tendance masochiste avec une paranoïaque à tendance bipolaire. Le couple parfait, n’est-il pas?

Philosophons. Les histoires les plus intenses ne sont-elles pas les plus courtes ? Et comme la période fut brève, il y a donc peu à reconstruire, contrairement à ce qui s’était passé avec Aweb et Ja. Juste quelques briques pour colmater le trou dans la muraille.

La conclusion de cette histoire s’impose d’elle-même. Seule une diète pourra arrêter cette sensation de tripes chavirées que j’ai ce lundi soir.

 

Du 9 janvier au 18 février, j’ai été trop gourmande. Et un excès de gourmandise se paie toujours quelque part. Finalement, nos parents avaient raison.

 

Addendum : Le mardi matin, très en colère contre on ne sait quoi, la paranoïaque à tendance bipolaire jetait à la rue son lucide à tendance masochiste en lui signifiant son raz-le-bol de lui servir de souffre-douleur (!). "Tu vas rire (jaune)", m’écrivait-il en m’annonçant cette nouvelle. Et il se traitait du dernier des connards.

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February 16, 2008

Substituer [Violine] — Calou @ 9:58 pm

Ce vendredi soir, je me sens miséreuse. Deux semaines se sont écoulées depuis ce week-end en baie de Somme. Un samedi occupé pour moitié à faire l’amour dans un bungalow en bois, sur un terrain rempli de bungalows vides, pour l’autre moitié à contempler les mouettes et le sable, puis savourer un chocolat au chaud. Un dimanche passé à rire, embrasser, chatouiller, vibrer sous sa langue ou son sexe dans le mien. Un week-end complété par une après-midi de plaisirs trois jours plus tard.

En fait, je suis en état caractérisé de manque : de ces plaisirs qui me droguent.

Ce week-end, je suis libre, lui aussi. Et pourtant, je sais qu’il ne l’est pas tout à fait. Il est avec une autre femme. Fondamentalement, ça ne me dérange pas, la règle était claire des deux côtés. Sauf que j’ai envie de recommencer ces moments d’abandon manifestes. Je ne suis pas jalouse et encore moins exclusive. Je suis égocentrique.

Et pourtant, je sais que je joue avec le feu. Ces moments de plaisirs sont rares. Peu d’amants sont parvenus à me placer dans un tel état. Seuls Aweb et, dans une ridicule petite mesure, Ja, m’ont apporté ces sentiments : être à la fois panthère et chatte. Chasser puis croquer l’autre pour ensuite se lover au creux de son corps. Sentir que mon corps est un monde de sensualité que révèle l’homme, que mon âme est enfin en paix. Cette âme qui peut enfin se mettre à nu en sa présence. Une âme qui souffre quand un abandon d’une autre nature vient de l’autre côté.

Ce vendredi soir, je pense très sérieusement au sevrage. Mais le week-end et les deux semaines qui le suivent, vacances scolaires obligent, constituent un sevrage en soi. Goût du risque (de se crasher dans un mur) ou faiblesse de la chair ? Il m’est ausi difficile de couper le lien qui me relie à ce plaisir, d’autant que nous sommes tous les deux en accord sur ce point et sur bien d’autres.

Il va me falloir gérer ces états de manque.

Direction : la cuisine, où des filets de hareng saur accompagnés d’une petite salade retravaillée d’endive et suivis de mangue au sirop de sucre de canne m’apporteront d’autres plaisirs. Le vin m’aidera à oublier le manque, la cigarette herbeuse à dormir en paix.

Ne pas d’appeler un autre à la rescousse. Ce serait faire déshonneur à ses qualités.

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February 10, 2008

Déjeuner mexicain [Treh] — Calou @ 10:55 pm

Il parle. Il rit. Il m’appelle mon amour. Je me doute qu’il appelle ainsi toutes les femmes qui se sont offertes à lui, cet amoureux de la fesse et du neurone. Je me sens flattée d’être du lot. Il caresse ma main, m’attire vers lui pour déposer un baiser sur les lèvres, en profite pour saisir une mèche de ces cheveux qu’il aime tant. La sauce mexicaine n’arrive pas à raviver les chips molles de ce restaurant mexicain aux tonalités d’un diner des années soixante. Mais nous n’avons cure de la médiocrité de la nourriture, tant notre plaisir de nous retrouver est immense après douze ans et une seule nuit.

Il me parle de sa passion, le théâtre, qui lui fait écrire des pièces comme d’autres mâchent des chewing-gums. Il me raconte l’histoire, incroyable, de sa dernière pièce écrite pour un géant au caractère d’enfant qui s’est éteint peu avant la première représentation. Il me dit qu’il va bientôt partir sur son bateau avec femme et enfant, pour faire le tour de ces îles dont il vient, et d’autres. Il fait allusion à la pincée de libertinage qu’il a introduite dans son couple.

C’est un formidable conteur dont l’enthousiasme ne se tarit jamais. Sa tête est pleine de projets. Je l’aime tel qu’il est : généreux, ouvert, passionné. Mercredi dernier, j’ai porté une attention à mettre en valeur mes formes pour lui, mais aussi pour Violine avec lequel je passerai l’après-midi. Je me sens terriblement femme sous ses yeux et ses mains caressantes.

Je le serai encore plus quelques heures plus tard sous les mains de Violine découvrant le déshabillé noir sous la jupe en cuir.

Treh m’annonce sa venue en juin. Un autre déhabillé sera au rendez-vous. Et à coup sur, un autre bandeau. Un dernier baiser, et il part en courant à son rendez-vous. Je remets mes bottes de sept lieues et cours au mien. Quatre heures de baisers après deux heures de rire, ça ne se refuse pas !

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January 27, 2008

Le trompe-l’oeil [Violine] — Calou @ 3:00 pm

Il est fragile, très fragile.

Sans arrêt, son esprit oscille entre raison et déraison. Quand il se présente à une femme encore inconnue, il lui dit : « je suis fou ».

Sa fragilité lui ouvre des portes. Celle tapie tout au fond du corps qui lui fait face ne lui échappe pas. Après l’amour, ses premiers mots arrachent de grandes écailles du vernis qui la recouvre.

 

Il est grand, très grand.

Mon corps se colle sur le sien sans que cela ne le gêne aucunement. Allongé sur le ventre, le nez chatouillé par la douceur de la taie, il jette encore quelques uns de ces mots dont il ignore le pouvoir.

 

Silencieuse, je me fais plus lourde. Mes seins s’écrasent contre son dos, mes hanches contre les siennes. Mes bras recouvrent les siens. Je sens nos os se rejoindre.

Je l’imagine capituler, étouffé. Je le crois sans souffle, incapable de murmurer le moindre mot. Je veux qu’il se taise. J’ai peur de ce qu’il va mettre à jour.

 

Efforts vains !

 

Alors je m’abandonne à un sentiment de sécurité longtemps recherché, presque jamais trouvé. Le plaisir de sentir la femme cachée derrière un paravent, posé là tel un trompe-l’œil par la maîtresse. Cette femme-là peut poser sa tête sur l’épaule de l’homme en dessous d’elle.

 

Mais pas pour longtemps, car tout ceci n’est qu’artifice. C’est lui le plus fragile, pas moi.

 

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January 10, 2008

Le colosse au coeur d’argile [Violine] — Calou @ 10:00 pm

Tandis que ses yeux verts dévorent ma nuque, sa bouche frôle les moindres recoins de mes épaules. Le sommeil qui nous séparera bientôt est défié par le désir qui nous réunit encore. Cette première rencontre sous l’égide de bulles dorées nous a pourtant épuisés.
Il m’entoure de ses grands bras. « Je suis heureux » est chuchoté au creux de mon oreille. Le colosse au cœur d’argile qui gît à mes côtés dans les draps aux tons très masculins m’émeut par sa tendresse et sa sensibilité.

Je ne devrais pourtant pas l’être. En transgressant une règle jusqu’ici considérée comme intangible, je prévois qu’un jour, proche ou lointain, la rupture mettra un point final à cette histoire trop vite commencée, entre petits-fours et champagne à volonté pour les employés d’une même entreprise.

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December 8, 2007

Petits plaisirs hivernaux [Calou] — Calou @ 7:35 pm

H&M lingerie, ce samedi après-midi. La dentelle se fait rare, le satin marque la tendance sans s’assortir à d’autres matières. Mais ce qui frappe avant tout est l’image que renvoie cette lingerie très rembourrée, celle de femmes qui gonflent leurs seins, affaissés ou petits. Avec le mono ou bicoque, le sein se fait voyant, bombé. Agressif, il s’expose plus qu’il ne se suggère.

Direction Darjeeling où se dévoile une ambiance plus intime. Dans les cabines d’essayage, ces dames suent sous les lampes en se battant avec une bretelle réticente à épouser l’épaule tandis que ces messieurs donnent leur avis et ravitaillent. Satin, dentelle et coton se mixent agréablement. Les matières sont plus douces, les tissus épousent les formes. Les déshabillés tombent parfaitement sur les hanches, leur transparence révélant des rondeurs inavouées, de petits noeuds ici et là ne demandant qu’à être défaits.

Les déshabillés Caprice, Maggie, et surtout le très beau Lolita chocolat sous les bras, je repars avec une sensation très particulière. Le plaisir de les porter, voire de les faire découvrir à ceux qui sauront les apprécier pour mieux les enlever.

Sur la platine : Orpheus/Sonnet de Patricia Barber avec la guitare mélancolique de Neal Alger en fond.

 

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November 24, 2007

Lui #1 [Correspondance] — Calou @ 9:15 pm

Rencontré virtuellement, cet homme m’a demandé de décrire mes fantasmes (qui s’écrit aussi avec ph). J’ai hésité, puis l’ai fait en essayant de m’adapter à son style, très direct, peu dans l’imaginaire. Ce qu’il veut : décrire la manière dont je me branle. Un exercice d’écriture me poussant au-delà de mes limites. Je tente.

********************* 

Sous la douche, je pense à lui. Je sens qu’il ne fera bientôt plus partie de mon univers. Mais je le regretterai pour sa queue.
C’est impressionnant de voir comment un si petit homme peut avoir une verge aussi puissante : grande et large. C’est exactement ce qu’il me faut, d’autant que le bougre aime bien téter de mon fluide, ce que j’aime tout particulièrement.
Sous la douche, je repense à lui et à ce que je lui ai proposé : de tâter de sa prostate pour lui faire découvrir les plaisirs anaux.
En sortant de la douche, j’hésite, puis me mets dans le lit, lieu de nos ébats. Le peignoir ouvert, la couette recouvrant mon corps, je glisse un doigt au préalable mouillé vers mon sexe et l’autre main vers mon sein gauche.
Je l’imagine : déjà nu, au lit. Je suis derrière lui, un doigt dans son anus, à la recherche de sa prostate. Le lubrifiant a fait son effet, l’ongle ne fait plus le sien. Je le sens, même si tout ça n’est que phantasme, gémir, surpris par cette intrusion dont il n’a pas l’habitude. Il est à quatre pattes, je suis derrière lui, mon pubis à quelques centimètres de ses fesses.
Insatisfaite, je change mon image. Il est au-dessus de moi. Il me lèche, je joue avec ma langue de son gland puis ingurgite son sexe tandis que ma main gauche s’active dans son anus. Je trouve l’organe que j’effleure par petites touches. Il ne peut plus m’accorder ses faveurs, tout au plaisir qui l’habite.
Je le fais jouir ; je l’imagine le faire jouir
Et je jouis, des pieds à la tête. Trop tôt à mon goût et seule dans mon lit. Mon petit homme au grand sexe n’est pas là pour me faire profiter de mes largesses.

 

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