Calou et ses Loulous

June 18, 2006

Homo matrimonium [Calou] — Calou @ 1:58 am

 

Les hommes mariés… On pourrait presque en faire une espèce-genre à part dans la classification animale ! Leur comportement est identique, et si lointain de tous les autres hommes que j’ai pu fréquenter.

Maîtresse proche de leur domicile
Masa m’avait dit « dommage, je t’aurais eu sous la main » quand je lui avais annoncé avoir refusé un travail non loin de Nîmes. Fa a eu la même réaction et, ironie de la sémantique, exactement les mêmes mots quand je lui ai dit ne pas avoir postulé pour un poste à Colombes. À aucun moment je ne leur avait indiqué que le poste était près de chez eux ; eux avaient établi un lien géographique dont j’étais bien incapable.

Leur couple est sacré
Je ne les blâme pas, voyant les difficultés sur le quotidien des enfants dans un couple séparé, même le mien où chaque parent éprouve du respect pour l’autre. Comme le dit mon vieux père, si sage sur les relations amoureuses : « ça fait plus de trente ans que je suis avec ta mère. Si demain je change, je ne sais pas ce que je trouverai comme défauts chez la nouvelle. Alors que ceux de ta mère, je sais les gérer ».

Du pratique de coucher à domicile
Bien qu’ayant mis cartes sur table en expliquant qu’ils ne sont pas sur la pente du divorce, ce qui a le mérite d’être clair, ils manifestent le souhait de m’emmener faire l’amour chez eux alors que Madame est sortie ou partie en vacances. Hey, les garçons, ça ne me dit pas trop de regarder Madame et les enfants dans un joli cadre posé sur la table de chevet tandis que vous me chevauchez ! Faut-il que je vous le dise aussi clairement qu’ici pour que vous compreniez ? Quand Fa a insisté pour que je passe faire une prise son de ma voix dans son studio musical, j’ai eu envie de lui annoncer que j’allais lui faire la pipe du siècle, puis la fin de notre liaison juste après. Ainsi, je pouvais être amenée à rencontrer Madame dans son studio d’enregistrement sans aucune gêne.

Le plaisir de la rencontre trop vite oublié
Pas d’enfants, pas de contraintes d’horaires, rien que du plaisir : si seulement ça se passait toujours comme ça ! Dans la moitié des rendez-vous, je les vois arriver éreintés ou déprimés. La dernière fois que j’ai réussi à coller ma peau contre celle de Masa, c’est une heure en janvier. Épuisé par le salon professionnel algérois auquel nous participions, il n’était pas dans sa meilleure forme. Et à chaque salon du secteur en novembre, nous ne pouvons nous voir qu’un quart de nuit au mieux. Il m’avait aussi prévenu de son arrivée jeudi dernier dans ma ville. Tellement pris par ses rendez-vous professionnels, il n’a jamais fait l’apparition promise. Quant à Fa, ce samedi matin a été frustrant, tant mon désir était grand et son moral bas. Deux petites heures passées chez moi dont 30 minutes seulement au lit, la virée musicale a clôturé cette demi-journée que nous nous accordons tous les quinze jours. Son texto le soir même tendait au pardon, avec un « désolé pour la petite forme ce matin ». J’ai failli lui répondre « pas tant que moi », puis me mettre en chasse pour assouvir mon désir.

 

Et la tendresse, bordel !

Ils viennent souvent à la relation illégitime par manque de tendresse. Mais au bout de quelques rencontres, celle-ci s’efface, tant sont grands leur stress ou fatigue. A quoi cela leur sert-il alors d’avoir une maîtresse?


Promesses mirifiques et jamais tenues

Je ne demande jamais rien, ce sont toujours eux qui ouvrent le sujet. Par deux fois, Masa m’a proposé de m’emmener en voyages : une fois dans le désert, l’autre fois à Lisbonne. Aucune nouvelle de sa part à l’approche des dates fatidiques. Fa veut que nous passions tous nos week-ends estivaux libres ensemble. Je programme donc des festivals, jeux de guitare dans les parcs, week-ends en province chez des amis. Il apparaît finalement qu’il n’a quasiment pas de week-ends libres. Pas de problèmes, les miens se remplissent très facilement. Il suffit juste d’annoncer la couleur.

La générosité au bout du portefeuille

Ils tiennent à tout offrir. Chaque repas est leur dû à notre relation. Fa m’équipe en outils informatiques dont je ne pourrais même pas payer le quart, Masa tient à ce que je sois correctement logée et nourrie à chaque salon où nous pouvons nous voir. Certes, mes revenus diffèrent largement des leurs. Mais si leur générosité me touche, elle me blesse aussi. Je ne suis pas avec eux pour leur porte-monnaie mais bien pour eux, pour leur vision du monde, pour leur gentillesse, pour leur manière d’aimer. Leur monnaie sonnante et trébuchante n’est pourtant pas la contrepartie du plaisir que je leur apporte.

Pas touche !
Les sorties en compagnie d’autres personnes de leur entourage, professionnel ou personnel, s’accompagnent bien évidemment d’une attitude neutre. Pas de baisers, pas de caresses sur le bras, pas de bras autour de la taille. Mais qu’un autre homme rentre en jeu, tentant d’attirer mon attention, je sens une crispation du côté de mon bagué. Il se rapproche de moi, ne me quitte plus d’une semelle, me couvant sous son regard propriétaire. Dans l’impossibilité pour lui d’afficher son statut, il tente des subterfuges assez risibles.

Hypocrisie visuelle
En présence de ses amis connaissant sa femme/compagne, la bise est de rigueur. Mais le regard qui l’accompagne est appuyé et tendre. De fait, tous ses amis sont au courant. Mais comment peuvent-ils se mentir ainsi à eux-mêmes ? Comment peuvent-ils transférer à d’autres ce secret mensonger ? J’en suis parfois gênée pour ses amis.

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Je les aime bien mes hommes mariés, je les aime même beaucoup. Mais je ne suis pas sûre de la longévité de telles relations. Les cinq ans avec Masa se sont passés à raison de deux à trois rencontres par an ; c’est peut-être ce qui explique cette durée. Peut-être suis-je trop gentille, ne posant jamais de questions, n’imposant jamais rien.

La maîtresse peut-elle poser ses conditions ?

Heureusement que je suis pas partie sur les bases de ce que décrit Jeanne Cherhal. Dire qu’il y a encore des femmes pour y croire ! Elles devraient pourtant savoir que les hommes sont les plus grands menteurs de la terre. Surtout ceux qui sont mariés !

 

Un couple normal, Jeanne Cherhal, 2004 



T’es amoureuse de lui et lui de toi tu en es sûre,
trop de choses te le prouvent, et tu sens bien qu’il est mordu.
Il téléphone tout le temps, il adore ça, ça le rassure.
Tu le maternes et tu l’appelles mon bébé mon tordu.
Le hic, le détail qui pose une ombre sur votre idylle,
la broutille ennuyeuse qui pourrait te mettre en colère,
le souci qui parfois peut te faire couler l’eau des cils,
c’est qu’il va divorcer.
Mais qu’il arrive pas à s’y faire.

Souvent en rigolant il te dit l’amour clandestin,
c’est ça qu’est excitant, et tu le retrouves au Novotel.
Il te parle du hasard, de vos karmas et du destin
en te jurant tout bas que bien sur c’est toi la plus belle.
Vos nuits, assez brèves, sont passablement érotiques.
Il t’aime il t’aime il t’aime comme jamais il n’a aimé.
T’es son île, sa papaye ou tout autre objet exotique,
il t’aime il t’aime il t’aime, mais là il ne peut pas rester.

Et tu l’attends.
Tu as confiance car un jour il sera ton régulier.

Tu finis ta nuit seule devant des clips ou un Très Chasse consacré,
t’as pas de bol, à l’enfumage des terriers.
Tout d’abord tu t’offusques, et puis tu cries c’est dégueulasse.
Tu éteins en pleurant, t’as eu l’impression d’étouffer.
Le lendemain on frappe à ta chambre d’hôtel,
t’es plus ou moins maussade mais tu ouvres et tu souries.
Les roses de l’amour pour amadouer le coeur de celle que j’aime à la folie.
Voilà, tu fonds et c’est reparti.

Un week-end sur quatre/cinq tu peux le voir deux jours entiers,
t’as treize heures de trajet mais tu t’en fous puisque tu l’aimes.
Tu voyages toute la nuit et au matin t’es arrivée dans un bled en Alsace,
mais tu t’en fous puisque tu l’aimes.
Là vous vous retrouvez un peu comme un couple normal,
tu cuisines, il regarde, vous lisez la presse dans un bain.
Vous parlez un peu d’elle, il te dit que ça lui fait mal
de briser leur image de parents face à ses gamins.

Et tu l’attends.
Tu as confiance car un jour il sera ton régulier.

Tu comprends ses doutes, tu comprends qu’il tarde un peu a être à toi,
rien qu’à toi comme il te le jure.
Il va franchir le cap, il va lui dire pour vous deux.
Pas dès demain, non, mais bientôt, il en est sur.
Il te supplie d’attendre alors que tu ne fais que ça depuis bien trop longtemps.
Attention tu vas le quitter.
Oh, c’est trop dur pour lui, et toi qui ne le comprends pas,
tu ne veux plus l’entendre…
Oh tiens ça y est tu l’as quitté.

 

June 10, 2006

Lost [Fa] — Calou @ 12:02 am

9 juin 2006

Ce matin-là, j’ai renoué avec une vieille sensation, un sentiment oublié depuis longtemps : une main broyant mon cœur, cette froideur glacée saisissant mon organe jusqu’à ce que je ne le sente quasiment plus. Ce matin-là, j’ai vécu certains mots lus autrefois dans la littérature classique. Je comprends désormais pourquoi c’est le cœur qui est décrit comme le centre des émotions, et non le cerveau.

Au cerveau la raison, au cœur la déraison.

Ce jour-là, ton ami Ma venait de rejoindre les anges. Sa femme, Na, dont il était séparé mais toujours proche, s’était tourné vers toi. Na, ton amante pendant cinq ans. Cinq ans que je devine de bonheur entre vous, moments intimes chuchotés, moments musicaux partagés autour du jazz, elle au chant, toi à la guitare. Tu lui avais redonné goût à l’amour. De par votre liaison, tu avais remodelé son corps pour accepter la semence de Ma, pour l’ouvrir à la maternité. Un lien inaliénable entre vous deux. Entre vous trois, Fa, Na et Ma.

Tu m’as ouvert cette porte de ton passé, j’ai laissé s’écouler le flot de tes paroles. Tu n’arrives pas encore à pleurer ; ça va venir. Je te sens résister à Na. Mais tu lui opposes un mur dont le ciment est encore frais et les failles visibles. À son amant chéri, elle a préféré un autre, moins chéri mais présent au quotidien, dans son nid devenu le leur. La brûlure est toujours vive dans ton âme. Tu luttes contre toi-même.

Je ne te crois pas quand tu me dis que tu ne pourrais être avec moi si tu n’avais tiré un trait sur ce passé. Les hommes sont capables des plus grands mensonges, surtout envers eux-mêmes.

Mais que puis-je dire, moi, l’autre amante ? Celle qui arrive après. Celle qui n’est pas censée savoir, qui ne donnera pas son avis, qui se taira. Alors je t’écoute simplement. J’ai peur de te perdre alors que la nature même de notre relation, brocardée par les tenants des liaisons légitimes, m’interdisait de me laisser glisser dans de tels vertiges. Je suis perdue.

Mon égarement est d’autant plus grand que depuis ce jour où Ma s’est enfoncé sous les pieds de tous, tes appels et messages sont nombreux. Matin, midi et soir, à Paris ou à Munich dans les tribunes du stade : le partage de ton quotidien et de tes enthousiasmes est à cheval sur la frontière entre le virtuel et le réel. Tu veux venir samedi soir, offrir un cadeau d’anniversaire à ma fille qui ne te connaît que de nom. Tu veux m’emmener écouter Mark Knoffler lundi soir. Tu veux, tu veux, …

Je ne dis rien. Je te regarde. Je t’écoute.

Où tout cela nous mènera-t-il ?

Noir Désir. Lost (album Des visages et des figures)

Pourras-tu le faire I’m lost…
Pourras-tu le dire
Tu dois tout essayer
Tu dois devenir

Tu dois voir plus loin
Tu dois revenir
Egaré en chemin
Tu verras le pire

Pour trouver le sud
Sans perdre le Nord
Après les certitures
Au-delà des bords

I’m lost but I’m not stranded yet
I’m lost but I’m not stranded yet

Dans les yeux des femmes
Dans la marie-jeanne
Dans la techno-cité
Pour manipulés

Grand combat de chairs
Colline enflammée
Dans l’ombre ou la lumière
Pôle halluciné

Pour courir ventre à terre
Brouillard et fumée
Consommer consumer
Recracher de l’air

Dans le dérisoire
Dans les accessoires
Dans le feu des possibles
Au coeur de la cible

Dans la paranoïa
Dans la schizophrénia
Un maniacopéra
Pharmacopérave

I’m lost but I’m not stranded yet
I’m lost but I’m not stranded yet

Entre les dérapages
Entre les lignes d’orages
Entre temps entre nous
Et entre chien et loup
Au maximum du voltage
A peine est passé le message
Au fil du rasoir

Encore une fois c’est la vie qui s’entête
Acharnée au-delà des images qu’on reflète
Chacal, charogne, chaman, sachem
Magie noire ou blanche inscrite à la Sacem

Des poumons d’or
Belphégor
Ici, maintenant, à la vie, à la mort
N’oublie pas ton sourire pour ce soir si tu sors
Un jury t’attend n’injurie pas le sort

Entre les dérapages
Entre les lignes d’orages
Entre temps entre nous
Et entre chien et loup
Au maximum du voltage
A peine est passé le message
Au fil du rasoir

Dans les corridors
Sur les baies vitrées
Des insectes écrasés
qui chechaient de l’or

Dans les ministères
Dans les monastères
Dans les avalanches
Au bout de la planche

Des combats d’autorité
Des conflits d’intérêts
Des types ignifugés
Veulent ma fusée

Des désenchanteurs
Un train à quelle heure
Des pirates des corsaires
Sans aucun repaire

Tu dois voir plus loin
Tu dois revenir
Tu dois tout essayer
Tu dois devenir
Tu dois devenir
Tu dois devenir

I’m lost but I’m not stranded yet
I’m lost but I’m not stranded yet

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