Je lui ai laissé un message en arrivant à l’aéroport. "Si tu es dans le coin, on peut prendre un café". J’avais une chance sur deux qu’il fasse un tour par Alger pour l’événement.
"Quel hôtel ? Jusqu’à quand restes-tu ?". Deux heures plus tard, les questions fusaient au téléphone qu’il avait en main et sur lequel il venait de lire ces quelques caractères.
Après un an et demi sans se donner de nouvelles l’un et l’autre ; je n’aurais jamais cru que le lien reviendrait aussi vite. La dernière fois s’est résumée à froisser les draps dans un autre hôtel de la même baie pendant une demi-heure. Une toute petite demi-heure à caser entre deux emplois du temps surchargés. Le dîner qui devait suivre avait été annulé pour cause d’affaire commerciale urgente de son côté.
En me préparant le soir, j’avais rangé au fond du placard toutes mes velléités de mettre ma féminité en berne. J’avais oublié qu’il adorait cuisiner et bien manger. En m’invitant à rentrer au restaurant de son choix, il m’a dit : "C’est le plus romantique que je connaisse ici". Mes lèvres ont esquissé un sourire. Etre romantique est une chose (que je ne connais pas), l’entendre en est une autre (très plaisante).
Une soirée pour combler un an et demi sans nouvelles, c’est peu. Ensuite, j’aurais peut-être dû dire oui. Mais je vieillis. L’absence de sommeil la nuit précédente me faisait craindre des chutes de tension charnelle. Je lui ai réservé une nuit début juillet, à son passage ici. D’ici là, je veux avoir le temps de retrouver mon corps et ma manière de le mouvoir, de sentir à nouveau ma peau, mon odeur. Juste être femme pour lui offrir beaucoup de plaisir. Car ensuite, c’est le destin qui nous fera nous recroiser.
