C’est bizarre : mes amants ont dû se donner le mot ces temps-ci. Revoici par exemple Ti’bon qui m’appelle quelques jours avant que Pi ne m’invite à dîner chez lui. Petit dîner pour reprendre un contact effleuré lors d’un zouk-love en 2002, à mon retour en France. Je constate avec plaisir que le temps a bonnifié ce jeune homme que j’aimais retrouver en soirée.
Il y a dix-sept ans environ, mes parents m’avaient rapatrié d’urgence devant des résultats difficiles au vu des heures de tarot pratiquées (avec succès). L’ascendance n’avait pas prévu qu’en retrouvant mes amies d’enfance, je les accompagnais dans l’univers blues-rock qui sévissait alors dans les campagnes franciliennes. Le bassiste avait une amie dont la particularité majeure était de ne pas aimer les soirées. Moi si. C’est ainsi que je découvrais et mettais en application le terme de "deuxième bureau", pratiqué pendant plus d’une année.
Contrairement à ce qu’affirme Calvin Russell dans ‘Crossroads’, je n’ai jamais regretté de voir nos chemins se séparer. Je le regrette encore moins depuis la nuit dernière où j’ai pu à nouveau goûter son corps de long en large. Ti’bon est devenu un épicurien de premier ordre, moins accro aux volutes bleues du joint mais toujours aux rondeurs féminines. Et il compense un sexe pas tout à fait à ma taille par de larges mains habituées à modeler la terre et faire vibrer les cordes de sa basse. La suite dira s’il est aussi comestible qu’il l’a laissé entrevoir.
