Rencontré virtuellement, cet homme m’a demandé de décrire mes fantasmes (qui s’écrit aussi avec ph). J’ai hésité, puis l’ai fait en essayant de m’adapter à son style, très direct, peu dans l’imaginaire. Ce qu’il veut : décrire la manière dont je me branle. Un exercice d’écriture me poussant au-delà de mes limites. Je tente.
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Sous la douche, je pense à lui. Je sens qu’il ne fera bientôt plus partie de mon univers. Mais je le regretterai pour sa queue.
C’est impressionnant de voir comment un si petit homme peut avoir une verge aussi puissante : grande et large. C’est exactement ce qu’il me faut, d’autant que le bougre aime bien téter de mon fluide, ce que j’aime tout particulièrement.
Sous la douche, je repense à lui et à ce que je lui ai proposé : de tâter de sa prostate pour lui faire découvrir les plaisirs anaux.
En sortant de la douche, j’hésite, puis me mets dans le lit, lieu de nos ébats. Le peignoir ouvert, la couette recouvrant mon corps, je glisse un doigt au préalable mouillé vers mon sexe et l’autre main vers mon sein gauche.
Je l’imagine : déjà nu, au lit. Je suis derrière lui, un doigt dans son anus, à la recherche de sa prostate. Le lubrifiant a fait son effet, l’ongle ne fait plus le sien. Je le sens, même si tout ça n’est que phantasme, gémir, surpris par cette intrusion dont il n’a pas l’habitude. Il est à quatre pattes, je suis derrière lui, mon pubis à quelques centimètres de ses fesses.
Insatisfaite, je change mon image. Il est au-dessus de moi. Il me lèche, je joue avec ma langue de son gland puis ingurgite son sexe tandis que ma main gauche s’active dans son anus. Je trouve l’organe que j’effleure par petites touches. Il ne peut plus m’accorder ses faveurs, tout au plaisir qui l’habite.
Je le fais jouir ; je l’imagine le faire jouir
Et je jouis, des pieds à la tête. Trop tôt à mon goût et seule dans mon lit. Mon petit homme au grand sexe n’est pas là pour me faire profiter de mes largesses.
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Lui et moi avons conscience que nous faisons partie d’une génération de transition. Nos grands-mères sont descendues dans la rue pour obtenir le droit de vote, nos mères pour celui du choix de la maternité. Leurs hommes étaient peut-être, ou peut-être pas, à leurs côtés.
A force de vouloir obtenir l’égalité, les femmes ont, pour la plupart d’entre elles, pris le pouvoir. Et les hommes aujourd’hui ne savent plus comment se définir. Elles leur demandent de les laisser mener leur vie comme elles l’entendent, mais elles veulent toujours un homme grand et fort, pourquoi pas avec un torse velu dans lequel elles se sentiront protégées.
Lui et moi sommes d’accord sur le fait que la crise du tube de dentifrice n’est que le symptome d’un mal plus profond entre deux éléments d’un couple. Ce n’est en effet pas dans l’art et la manière de presser un tube de dentifrice, au hasard ou méthodiquement, que l’un juge l’autre. Ces petits détails du quotidien sont comme l’arsenic, une source d’empoisonnement de couples dont chacun ne pense qu’à prendre le pouvoir sur l’autre.
Il faudra du temps pour que s’établisse un nouvel équilibre, basé sur le respect de l’autre et non sur son contrôle au quotidien. La génération suivante sera, je l’espère, celle par qui arrivera ce nouvel ordre amoureux. C’est ce que nous enseignerons à nos enfants, lui à son fils, moi à ma fille.
Chaque fois que je le vois, en fait pas très souvent, nos pensées se rejoignent sur tout et rien. Mais alors pourquoi les deux êtres gourmands de nourriture charnelle que nous sommes sont-ils dans l’incapacité d’éprouver un réel désir pour l’autre, de ceux qui assèchent la bouche et mouillent l’entrejambe ? Hier, nous en avons longuement parlé. Notre symbiose nous enlève cette part d’imprévu qui génère le désir. Nous avons évoqué ces relations, de part et d’autre, qui sont toujours ancrées dans notre souvenir. La chimie des corps les rendent inoubliables. Nous hésitons : devons-nous obéir à nos impulsions chimiques, quitte à subir au quotidien ces petites doses d’arsenic, ou jeter des fondations durables et ne garder la chimie que pour les occasions exceptionnelles, quand une phéromone inconnue et excitante croise notre route.
Notre hésitation n’est que luxe, car nous savons que sa décision est prise. Il retourne vivre dans les forêts de notre enfance. Il sait qu’il sera toujours le bienvenu ici, tout comme je le serai chez lui. Comme Mwa, il aura une place à part : l’homme avec lequel une relation moderne de couple aurait pu se créer. Un couple libre mais sans dissonnances.
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