Calou et ses Loulous

February 18, 2008

Sevrage déclaré [Violine] — Calou @ 10:00 pm

Le 24 janvier 2008 à 7h38 du matin, je recevais deux textos.

Le premier, signé Violine, était plutôt laconique. Voilà, c’est fini. Il ne parlait pas de moi, mais de son amie précédente, diagnostiquée par le corps médical comme paranoïaque à tendance bipolaire et qui ne prenait pas le traitement qu’on lui recommandait.

Le second, signé de ma première soeur, m’annonçait la tentative de suicide de la seconde 36 heures plus tôt. A partir de ce moment, le monde - mon monde - n’a plus tourné qu’autour de cette nouvelle et de la venue de petite soeur chez nous.

Pendant tout ce mois de janvier, il a pris sur lui pour m’apporter ce soutien dont j’avais besoin et que je lui avais demandé. Peut-être était-ce trop pour un homme aussi fragile qui se réfugiait dans ce qu’il connaissait de mieux depuis son enfance, à savoir la souffrance. Ainsi en est-il de sa relation avec cette femme qui le manipule comme une simple balle en caoutchouc. Je te prends, je te malaxe, je t’étire jusqu’à la limite de la déchirure, je te remets en forme, …

Ce week-end, elle a remis la main sur son joujou préféré qu’elle habille de cuir et traîne en pseudo soirée sado-maso. Ils font l’amour bourrés comme des coings et fourrés jusqu’au trognon de boulettes huileuses euphoriques, elle pour amoindrir ses pathologies psychiatriques, lui pour se désinhiber et avoir l’impression de faire des folies dans sa vie. Elle le trompe devant lui tout en l’assurant qu’elle ne le trompe pas. Tout ça, il le sait. Mais il dit ne pas pouvoir lutter. Sa reddition en connaissance de cause reste pour moi incompréhensible. Mais je ne suis pas à sa place et encore moins sa psy (son nouveau psy en fait, avec lequel il vient de prendre un abonnement de quelques années).

Ce soir, il m’a fait comprendre oralement que ce texto était à nouveau d’actualité, mais que la destinataire avait changé depuis le 24 janvier dernier. Il doutait cependant d’avoir pris la bonne décision. Il connait pourtant la réponse. Un lucide à tendance masochiste avec une paranoïaque à tendance bipolaire. Le couple parfait, n’est-il pas?

Philosophons. Les histoires les plus intenses ne sont-elles pas les plus courtes ? Et comme la période fut brève, il y a donc peu à reconstruire, contrairement à ce qui s’était passé avec Aweb et Ja. Juste quelques briques pour colmater le trou dans la muraille.

La conclusion de cette histoire s’impose d’elle-même. Seule une diète pourra arrêter cette sensation de tripes chavirées que j’ai ce lundi soir.

 

Du 9 janvier au 18 février, j’ai été trop gourmande. Et un excès de gourmandise se paie toujours quelque part. Finalement, nos parents avaient raison.

 

Addendum : Le mardi matin, très en colère contre on ne sait quoi, la paranoïaque à tendance bipolaire jetait à la rue son lucide à tendance masochiste en lui signifiant son raz-le-bol de lui servir de souffre-douleur (!). "Tu vas rire (jaune)", m’écrivait-il en m’annonçant cette nouvelle. Et il se traitait du dernier des connards.

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February 16, 2008

Substituer [Violine] — Calou @ 9:58 pm

Ce vendredi soir, je me sens miséreuse. Deux semaines se sont écoulées depuis ce week-end en baie de Somme. Un samedi occupé pour moitié à faire l’amour dans un bungalow en bois, sur un terrain rempli de bungalows vides, pour l’autre moitié à contempler les mouettes et le sable, puis savourer un chocolat au chaud. Un dimanche passé à rire, embrasser, chatouiller, vibrer sous sa langue ou son sexe dans le mien. Un week-end complété par une après-midi de plaisirs trois jours plus tard.

En fait, je suis en état caractérisé de manque : de ces plaisirs qui me droguent.

Ce week-end, je suis libre, lui aussi. Et pourtant, je sais qu’il ne l’est pas tout à fait. Il est avec une autre femme. Fondamentalement, ça ne me dérange pas, la règle était claire des deux côtés. Sauf que j’ai envie de recommencer ces moments d’abandon manifestes. Je ne suis pas jalouse et encore moins exclusive. Je suis égocentrique.

Et pourtant, je sais que je joue avec le feu. Ces moments de plaisirs sont rares. Peu d’amants sont parvenus à me placer dans un tel état. Seuls Aweb et, dans une ridicule petite mesure, Ja, m’ont apporté ces sentiments : être à la fois panthère et chatte. Chasser puis croquer l’autre pour ensuite se lover au creux de son corps. Sentir que mon corps est un monde de sensualité que révèle l’homme, que mon âme est enfin en paix. Cette âme qui peut enfin se mettre à nu en sa présence. Une âme qui souffre quand un abandon d’une autre nature vient de l’autre côté.

Ce vendredi soir, je pense très sérieusement au sevrage. Mais le week-end et les deux semaines qui le suivent, vacances scolaires obligent, constituent un sevrage en soi. Goût du risque (de se crasher dans un mur) ou faiblesse de la chair ? Il m’est ausi difficile de couper le lien qui me relie à ce plaisir, d’autant que nous sommes tous les deux en accord sur ce point et sur bien d’autres.

Il va me falloir gérer ces états de manque.

Direction : la cuisine, où des filets de hareng saur accompagnés d’une petite salade retravaillée d’endive et suivis de mangue au sirop de sucre de canne m’apporteront d’autres plaisirs. Le vin m’aidera à oublier le manque, la cigarette herbeuse à dormir en paix.

Ne pas d’appeler un autre à la rescousse. Ce serait faire déshonneur à ses qualités.

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February 10, 2008

Déjeuner mexicain [Treh] — Calou @ 10:55 pm

Il parle. Il rit. Il m’appelle mon amour. Je me doute qu’il appelle ainsi toutes les femmes qui se sont offertes à lui, cet amoureux de la fesse et du neurone. Je me sens flattée d’être du lot. Il caresse ma main, m’attire vers lui pour déposer un baiser sur les lèvres, en profite pour saisir une mèche de ces cheveux qu’il aime tant. La sauce mexicaine n’arrive pas à raviver les chips molles de ce restaurant mexicain aux tonalités d’un diner des années soixante. Mais nous n’avons cure de la médiocrité de la nourriture, tant notre plaisir de nous retrouver est immense après douze ans et une seule nuit.

Il me parle de sa passion, le théâtre, qui lui fait écrire des pièces comme d’autres mâchent des chewing-gums. Il me raconte l’histoire, incroyable, de sa dernière pièce écrite pour un géant au caractère d’enfant qui s’est éteint peu avant la première représentation. Il me dit qu’il va bientôt partir sur son bateau avec femme et enfant, pour faire le tour de ces îles dont il vient, et d’autres. Il fait allusion à la pincée de libertinage qu’il a introduite dans son couple.

C’est un formidable conteur dont l’enthousiasme ne se tarit jamais. Sa tête est pleine de projets. Je l’aime tel qu’il est : généreux, ouvert, passionné. Mercredi dernier, j’ai porté une attention à mettre en valeur mes formes pour lui, mais aussi pour Violine avec lequel je passerai l’après-midi. Je me sens terriblement femme sous ses yeux et ses mains caressantes.

Je le serai encore plus quelques heures plus tard sous les mains de Violine découvrant le déshabillé noir sous la jupe en cuir.

Treh m’annonce sa venue en juin. Un autre déhabillé sera au rendez-vous. Et à coup sur, un autre bandeau. Un dernier baiser, et il part en courant à son rendez-vous. Je remets mes bottes de sept lieues et cours au mien. Quatre heures de baisers après deux heures de rire, ça ne se refuse pas !

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