Il parle. Il rit. Il m’appelle mon amour. Je me doute qu’il appelle ainsi toutes les femmes qui se sont offertes à lui, cet amoureux de la fesse et du neurone. Je me sens flattée d’être du lot. Il caresse ma main, m’attire vers lui pour déposer un baiser sur les lèvres, en profite pour saisir une mèche de ces cheveux qu’il aime tant. La sauce mexicaine n’arrive pas à raviver les chips molles de ce restaurant mexicain aux tonalités d’un diner des années soixante. Mais nous n’avons cure de la médiocrité de la nourriture, tant notre plaisir de nous retrouver est immense après douze ans et une seule nuit.
Il me parle de sa passion, le théâtre, qui lui fait écrire des pièces comme d’autres mâchent des chewing-gums. Il me raconte l’histoire, incroyable, de sa dernière pièce écrite pour un géant au caractère d’enfant qui s’est éteint peu avant la première représentation. Il me dit qu’il va bientôt partir sur son bateau avec femme et enfant, pour faire le tour de ces îles dont il vient, et d’autres. Il fait allusion à la pincée de libertinage qu’il a introduite dans son couple.
C’est un formidable conteur dont l’enthousiasme ne se tarit jamais. Sa tête est pleine de projets. Je l’aime tel qu’il est : généreux, ouvert, passionné. Mercredi dernier, j’ai porté une attention à mettre en valeur mes formes pour lui, mais aussi pour Violine avec lequel je passerai l’après-midi. Je me sens terriblement femme sous ses yeux et ses mains caressantes.
Je le serai encore plus quelques heures plus tard sous les mains de Violine découvrant le déshabillé noir sous la jupe en cuir.
Treh m’annonce sa venue en juin. Un autre déhabillé sera au rendez-vous. Et à coup sur, un autre bandeau. Un dernier baiser, et il part en courant à son rendez-vous. Je remets mes bottes de sept lieues et cours au mien. Quatre heures de baisers après deux heures de rire, ça ne se refuse pas !
