Trois jours après mes 40 ans ! En fait, c’est totalement idiot. Cela aurait pu se passer 10, 15, 30, 65 jours après cette date que j’ai encore du mal à digérer.
Trois jours après mon anniversaire, nous avions rendez-vous au cinéma. Je connaissais juste le nom du film, je ne savais rien de plus. Le choc des images (d’animation), le poids de l’histoire. Valse avec Bachir fut trop fort pour moi ce soir. L’émotion était la même que lorsque je vis, adolescente, Nacht und Nebel.
Rhum, vin, bière ; j’ingurgitais tout pour diminuer la douleur irradiant du cou vers les hanches consécutive à cette vision. Le mélange fut fatal. Je l’embrassais, enchantée de savoir que notre histoire s’était terminée sur un non-dit de nos sentiments. Je vomissais dans le canal face à cette caserne des pompiers, gorgée d’émotions et de sentiments.
La nuit qui suivit fut encore merveilleuse, comme chacun des instants passés avec Violine.
Le lundi suivant fut cauchemardesque. Un message, m’annonçant que sa triphasique bipolaire avait fouillé son agenda et envisageait de me lancer des menaces par téléphone. À ma demande, il m’envoya sa photo et ses coordonnées. Depuis, ce document ne quitte plus mon agenda, indiquant que la donzelle avait envisagé de me menacer.
Elle ne le fera sans doute jamais, après que j’eus indiqué qu’elle pouvait le garder. Lui, le Pierre Richard de l’amour. « Oh ! Désolé ! J’ai piétiné votre cœur ! Mes excuses, j’ai foulé vos sentiments les plus profonds ».
Ce matin, je l’ai revu. Il sortait de son bureau et afficha un grand sourire à ma vue. Je laissais volontairement mon sourire de personne aimable retomber. La mine grave, je demandais à son voisin de bureau : « où est la salle de formation ? J’ai dû me tromper de couloir ».
J’espère qu’il a compris que je ne serai jamais, comme il l’espère tant, sa confidente, son amie, sa psy, aussi celle dont il admire la conduite vis-à-vis de l’enfant. Que Violine se débrouille avec son mal-être.
