September 22, 2007
Nous avions pris l’habitude d’écumer les clubs de jazz dès que nos emplois du temps le permettaient. Entourée de mes deux colosses, le doudou blanc et l’ami noir, je contentais mes oreilles aux sons fluides de la guitare de Stern ou plus déjantés de la basse de Serra. Plus rarement, deux partaient en concert, regrettant la présence du troisième larron.
L’ami, connu grâce à Fa, aimait nous voir ensemble. Notre rupture n’avait pas ralenti le projet dont il nous avait entretenu, Fa et moi participant chacun à sa mesure. Ce petit-fils de griot, qui m’a promis d’emmener ma grande carcasse écouter la musique sous les nuits étoilées du désert mauritanien, ne supportait plus de nous voir séparément. Il a donc joué l’entremetteur.
Un regard a suffi pour retrouver l’intimité partagée avec Fa. Et tandis que les tandoori défilaient sur la table, nous nous laissions aller à des propos plus intimes sous l’ombre amicale du colosse, dont le visage affichait un petit sourire en coin. Le soir-même, Fa annulait son dîner et je me rendais libre. Nous avions prévu de casser la croute à quelques kilomètres de là ; c’est pourtant dans le bouchon où nous avons pour la première fois fait connaissance que nous nous sommes rendus. Roger Waters fut le dernier concert ensemble ; c’est sur Pink Floyd qu’il a repris possession de mon corps.
Plaisir de retrouver son pénis parfaitement adapté au mien ; de le sentir bouger en moi ; de le voir tenter de résister à ma bouche qu’il aime tant sentir glisser sur son sexe, de l’entendre partir au 7e ciel malgré ses efforts pour conserver la main sur nos ébats. Amusement de constater qu’avec la ou les maîtresses qui m’ont suivie, il a d’autres gestes.
Fa avait été vexé d’avoir été lâché sans sommation. Il pense que nous sommes désormais quittes. Ses appels sporadiques depuis cette nuit pluvieuse de la fin d’août témoignent de son envie de remettre le couvert, mais sur un mode allégé. Ça tombe bien, il commence un régime (syndrome des quadras) …
Haut de page
May 15, 2007
Aveugle
[Fa] — Calou @ 11:35 am
C’est toujours intéressant de voir à quel point il est possible de s’aveugler soi-même. Fa a répondu à mon message de rupture au bout de deux semaines et seulement après, la coïncidence est troublante, qu’un de ses amis m’ait appelé pour un concert. L’une de ses réponses m’a fait rire, initialement, puis me désoler par la suite sur son aveuglement.
Ainsi donc il ne m’aurait jamais invité à venir chez lui pour dormir et baiser dans le lit conjugal mais pour faire de la musique et voir des films sur son grand écran ! S’il a déjà oublié que regarder des films ne m’intéresse pas, sur grand écran encore moins, il est encore plus surprenant qu’il ait oublié les quelques fois où il me demandait de venir dormir chez lui eux. Aussi le fait qu’il omette de penser qu’après le cinéma ou le studio de musique, et vu la distance qui sépare nos deux domiciles, le plus facile serait pour moi de rester dormir. Et le canapé du salon ne me paraît pas être le lieu le plus confortable qu’il soit !
Intéressant n’est pas le mot, fascinant dussé-je écrire. Comment peut-il se mentir ainsi ? Ou alors c’est moi qui suis devenue trop lucide sur mes "forces et faiblesses", le statut de l’une ou de l’autre ne se faisant que par rapport à un référentiel : chez moi, chez l’homme en face.
Finalement c’est peut-être mieux d’être aveugle. Victime aussi. C’est bien d’être une victime aveugle. Jamais la victime n’endossera la responsabilité d’une rupture, jamais ne se remettra-t-elle en cause. Le monde n’est-il pas plus simple ainsi ?
Ça me semble malheureusement difficile de revenir en arrière. Dommage ! Car à choisir, j’aurais peut-être finalement préféré vivre dans l’ignorance. Beati pauperes spiritu disaient les anciens.
Haut de page
May 3, 2007
24 mars 2006 - 3 mai 2007.
L’ère Fa s’achève sur la vision d’un cochon rose géant volant dans les airs, antimilitariste et accompagné des rifs des guitaristes aux côtés de Roger Waters.
La fille derrière qui se croyait dans sa salle de bains et chantonnait tout fort. La proximité du cracheur (bruyant) de fumée. Fa qui avait insisté pour que je prenne la place alors qu’il venait avec femme et enfant.
La touche de trop. L’erreur à ne pas commettre. La faute de goût d’un bonhomme qui dit respecter sa femme au point de rentrer dormir chez lui quand elle est là … mais qui veut baiser dans leur lit et amène sa maîtresse en concert en même temps que sa moitié.
Je ne représente qu’une virgule dans sa vie, lui de même dans la mienne.
Et puis ça lui sera agréable de séduire à nouveau une autre femme. La séduction est le moment le plus agréable, le reste n’est que foutaises.
Et puis merde, je n’arrive même pas à télécharger le cochon. Preuve que tout fout le camp.
February 24, 2007
Fa m’a dit : "je t’emmène à une surprise".
Le connaissant, il ne pouvait s’agir que d’un concert. Jusqu’au dernier moment, j’ai fermé les yeux. Devant le Sunset, j’ai lu le nom sur l’affiche.
J’ai pensé : "Fa se fait plaisir, c’est l’un de ses guitaristes préférés". Deux possibilités s’offraient à moi. Soit je redevenais la Calou d’il y a dix ans. Moue, Boudin et Cie pour marquer ma déception et mon désaccord sur le choix de ma surprise. Soit je restais la Calou actuelle. Les boutons Empathie pour lui et Observation des autres poussés au maximum, comme le volume sur un chaîne. Et passer une bonne soirée dans ce cadre.
Alors je suis restée telle quelle. Les nombreux et bons moments que nous passons valent bien quelques moments inespérés.
Et je me suis rappelée ce concert, le premier où je suis allée La voir. Nous n’étions plus ensemble mais, faute d’avoir eu le temps de trouver un second logis, nous habitions encore ensemble dans ce three-bedroom apartment de Spanish Harlem. Pour le dernier jour de l’an 0 (l’an -10 en 1992 ; l’an +6 en 2007), il m’avait dit "je t’emmène à une surprise". Jusqu’à ce que j’entende sa voix déclamer un poème, je ne savais pas qui j’allais écouter. J’avais grimpé les escaliers à toute vitesse pour arriver devant la scène, devant Elle dont la voix m’a porté pendant toutes ces d’années.
C’était une vraie surprise. De celle dont on ressort émue, baignée d’émotions tant pour l’artiste que pour celui qui avait fait le cadeau. Ma décision, jusqu’ici irrévocable, avait été ébranlée dans ses fondations. Mais lui savait désormais que ça n’était plus possible, d’autant qu’une autre, plus tendre et affectueuse, occupait ses pensées.
Le père de notre fille était de ceux qui s’oublient pour faire plaisir aux autres. En le quittant, je me demande si je ne lui ai pas pris un peu de ce travers. Autrefois, Fa avait failli perdre son âme à force d’empathie pour les autres. Il avait appris à la préserver, m’avait-il expliqué.
L’exercice est délicat.
Haut de page
January 21, 2007
Un tout
[Fa] — Calou @ 10:39 pm
Samedi, le téléphone a sonné à 9h54. Ça ne pouvait être que lui. Ma voix endormie a rencontré un grand rire, de ceux qui rendent les matins plus lumineux. Il m’a annoncé être en bas et rechercher une place pour m’éviter de descendre lui ouvrir le garage. Il est arrivé avec les croissants et les pains au chocolat.
A moitié endormie dans mon grand fauteuil rouge, je le regardais déballer son disque dur et me transférer découvertes musicales et cinématographiques. Le café coulait, emplissant la pièce de cette odeur suave, qui laisse l’esprit s’égarer au crépitement de la cafetière italienne. Il est venu près de moi et tout doucement, comme on s’imaginerait se poser sur un nuage, sa bouche a sorti de la dentelle du caraco un sein puis deux. Sa main est descendue le long du boxer puis, après quelques caresses, a franchi le voile de dentelle. Je le regardais tout en savourant ces douceurs.
J’ai ensuite aimé le voir dans la glace, debout derrière moi, ses grandes épaules dans mon dos, son grand sexe dans le mien. Je le sais capable d’attendre mon plaisir pour prendre le sien. Mais ce matin, j’avais décidé de lui en donner avant même d’en prendre, ne serait-ce que pour calmer la frustration de ne pas s’être vus depuis le 31 décembre. Avant de partir quelques jours en vacances de couple "régulier", il avait passé l’après-midi ici. Depuis, impossible de se se voir dans l’intimité.
J’ai tout mis en oeuvre pour qu’il ne tienne compte que de son plaisir. A genoux sur le fauteuil, je jouais de mon bassin comme pendant toutes ces années de danses : en haut, en bas ; à droite, à gauche ; demi-cercle d’un côté, demi-cercle de l’autre. En même temps, j’utilisais son sexe comme un piston à la recherche du mouvement parfait dans l’étui que formait le mien. Mes mains s’égaraient au niveau de ses testicules, les massant, les griffant sans laisser de traces. Les mouvements les faisaient battre contre mon clitoris, me procurant une indicible sensation accentuée par la présence de ma paume en ces lieux.
Il me disait qu’il allait jouir. Il ne faisait rien pour calmer le jeu. Il a joui dans un grand cri.
Il a bien tenté par la suite de m’amener où je l’avais déposé. Mais l’homme est rires avant tout. Et ce fut donc en riant que je m’apprêtais.
J’ai aussi aimé quand nous sommes partis déjeuner avec ses amis musiciens. L’écoute attentive de la voix de Kate Bush chantant avec un oiseau (Aerial) dans la voiture, sa main sur ma cuisse, la mienne sur son sexe. Les sourires de ses amis en arrivant. Le déjeuner et les fous rires. Ce regard final, si tendre et prometteur d’autres moments, avant que je ne parte faire la sieste.
Comme tous, comme moi, il a des défauts. Mais sa joie de vivre et les rires qu’il répand sont aussi importants que ses mille et une manières de faire l’amour. Fa est atmosphère, Fa est sensations. Fa est un tout.
We’re gonna be laughing about this. We’re gonna be dancing around. It’s gonna be so good now. It’s gonna be so good.
Oh so exiting, mmh go on and on. Every time you leave us. So summer will be gone. So you’ll never grow old to us.
…
Kate Bush. Prologue. A sky to honey. Album Aerial. 2005.
Haut de page
June 10, 2006
Lost
[Fa] — Calou @ 12:02 am
9 juin 2006
Ce matin-là, j’ai renoué avec une vieille sensation, un sentiment oublié depuis longtemps : une main broyant mon cœur, cette froideur glacée saisissant mon organe jusqu’à ce que je ne le sente quasiment plus. Ce matin-là, j’ai vécu certains mots lus autrefois dans la littérature classique. Je comprends désormais pourquoi c’est le cœur qui est décrit comme le centre des émotions, et non le cerveau.
Au cerveau la raison, au cœur la déraison.
Ce jour-là, ton ami Ma venait de rejoindre les anges. Sa femme, Na, dont il était séparé mais toujours proche, s’était tourné vers toi. Na, ton amante pendant cinq ans. Cinq ans que je devine de bonheur entre vous, moments intimes chuchotés, moments musicaux partagés autour du jazz, elle au chant, toi à la guitare. Tu lui avais redonné goût à l’amour. De par votre liaison, tu avais remodelé son corps pour accepter la semence de Ma, pour l’ouvrir à la maternité. Un lien inaliénable entre vous deux. Entre vous trois, Fa, Na et Ma.
Tu m’as ouvert cette porte de ton passé, j’ai laissé s’écouler le flot de tes paroles. Tu n’arrives pas encore à pleurer ; ça va venir. Je te sens résister à Na. Mais tu lui opposes un mur dont le ciment est encore frais et les failles visibles. À son amant chéri, elle a préféré un autre, moins chéri mais présent au quotidien, dans son nid devenu le leur. La brûlure est toujours vive dans ton âme. Tu luttes contre toi-même.
Je ne te crois pas quand tu me dis que tu ne pourrais être avec moi si tu n’avais tiré un trait sur ce passé. Les hommes sont capables des plus grands mensonges, surtout envers eux-mêmes.
Mais que puis-je dire, moi, l’autre amante ? Celle qui arrive après. Celle qui n’est pas censée savoir, qui ne donnera pas son avis, qui se taira. Alors je t’écoute simplement. J’ai peur de te perdre alors que la nature même de notre relation, brocardée par les tenants des liaisons légitimes, m’interdisait de me laisser glisser dans de tels vertiges. Je suis perdue.
Mon égarement est d’autant plus grand que depuis ce jour où Ma s’est enfoncé sous les pieds de tous, tes appels et messages sont nombreux. Matin, midi et soir, à Paris ou à Munich dans les tribunes du stade : le partage de ton quotidien et de tes enthousiasmes est à cheval sur la frontière entre le virtuel et le réel. Tu veux venir samedi soir, offrir un cadeau d’anniversaire à ma fille qui ne te connaît que de nom. Tu veux m’emmener écouter Mark Knoffler lundi soir. Tu veux, tu veux, …
Je ne dis rien. Je te regarde. Je t’écoute.
Où tout cela nous mènera-t-il ?
Noir Désir. Lost (album Des visages et des figures)
Pourras-tu le faire I’m lost…
Pourras-tu le dire
Tu dois tout essayer
Tu dois devenir
Tu dois voir plus loin
Tu dois revenir
Egaré en chemin
Tu verras le pire
Pour trouver le sud
Sans perdre le Nord
Après les certitures
Au-delà des bords
I’m lost but I’m not stranded yet
I’m lost but I’m not stranded yet
Dans les yeux des femmes
Dans la marie-jeanne
Dans la techno-cité
Pour manipulés
Grand combat de chairs
Colline enflammée
Dans l’ombre ou la lumière
Pôle halluciné
Pour courir ventre à terre
Brouillard et fumée
Consommer consumer
Recracher de l’air
Dans le dérisoire
Dans les accessoires
Dans le feu des possibles
Au coeur de la cible
Dans la paranoïa
Dans la schizophrénia
Un maniacopéra
Pharmacopérave
I’m lost but I’m not stranded yet
I’m lost but I’m not stranded yet
Entre les dérapages
Entre les lignes d’orages
Entre temps entre nous
Et entre chien et loup
Au maximum du voltage
A peine est passé le message
Au fil du rasoir
Encore une fois c’est la vie qui s’entête
Acharnée au-delà des images qu’on reflète
Chacal, charogne, chaman, sachem
Magie noire ou blanche inscrite à la Sacem
Des poumons d’or
Belphégor
Ici, maintenant, à la vie, à la mort
N’oublie pas ton sourire pour ce soir si tu sors
Un jury t’attend n’injurie pas le sort
Entre les dérapages
Entre les lignes d’orages
Entre temps entre nous
Et entre chien et loup
Au maximum du voltage
A peine est passé le message
Au fil du rasoir
Dans les corridors
Sur les baies vitrées
Des insectes écrasés
qui chechaient de l’or
Dans les ministères
Dans les monastères
Dans les avalanches
Au bout de la planche
Des combats d’autorité
Des conflits d’intérêts
Des types ignifugés
Veulent ma fusée
Des désenchanteurs
Un train à quelle heure
Des pirates des corsaires
Sans aucun repaire
Tu dois voir plus loin
Tu dois revenir
Tu dois tout essayer
Tu dois devenir
Tu dois devenir
Tu dois devenir
I’m lost but I’m not stranded yet
I’m lost but I’m not stranded yet
May 31, 2006
fin mai 2006
Siemens. Chiffre d’affaires. Millions. Loi. Euros. Roumanie. Rachat.
Les mots défilent, les textes se construisent. Je suis au bureau, j’ai huit pages à écrire en quelques heures. Mon téléphone est sur messagerie. Nous sommes aujourd’hui en équipe réduite, seule une autre personne est présente ; je ne vois d’elle que des touffes de cheveux derrière l’écran.
Pour me concentrer, je mets les albums de Zazie que tu m’as passés. Erreur fatale.
Les mots se brouillent. Mes yeux tentent de se concentrer sur les lettres qui défilent, presque automatiquement sur l’écran. Mes oreilles se mettent au diapason de Toc toc toc. Informations contradictoires que ne peut plus interpréter mon corps, pris entre les mots écoutés et les mots lus. Mon cerveau n’est plus rattaché au moment présent, il se penche dans les tréfonds de mes souvenirs. Ce manque de la veille, quand côte à côte, nous savourions cette chanson. Ce manque qui nous narguait, celui de ne pouvoir se toucher, celui de ne pas se laisser aller. Dans ta voiture, ce désir palpable. Dans ma rue, ce désir tu. Désir inassouvi qui m’a tenu éveillée pendant une partie de la nuit.
Mon dos se cambre, la pointe de mes seins se durcit. Gainées par de grandes bottes noires puis libres sous une petite jupe bleue, mes jambes se croisent et se décroisent. Je me sens belle dans cette tenue que j’arbore rarement, je sens presque tes yeux caresser mon corps et tes mains en prendre possession.
Je me lève brusquement. Il faut que je calme ce corps dont j’ai du mal à maîtriser les ardeurs. Deux étages plus bas, dans la cour, je laisse le soleil s’attarder sur mon corps. Sous ses rayons, il reprend un peu de chaleur. Lascivement, je laisse mon cerveau repartir dans ces souvenirs, dans d’autres où le désir fut assouvi. Un petit nuage qui passait par là décide malicieusement de l’arrêt de ma pause. En cachant le soleil, en versant quelques gouttes, il me ramène à la réalité.
Clic, clic, clic, clic. Les touches virevoltent sous mes doigts agiles et rompus à l’exercice.
Casque à nouveau vissé sur les oreilles, je me promets de ne plus repartir dans mes idées folles. À l’écoute de Un point c’est toi, j’éclate de rire, à la grande surprise de l’autre personne qui dans le bureau se félicitait du cliquetis du clavier. Tu t’étais bien gardé de me la faire écouter hier soir ! Je t’envoie un mél, histoire de te faire partager un petit bout de ce moment. J’aime bien trouver un email de toi en sortant de réunion, me réponds-tu. Un second message arrive dans la foulée : je vois que ça bosse.
Nouvel éclat de rire de ma part. Il est temps de partir. J’assemblerai les mots ce soir.
Toc toc toc (Zazie, album Rodeo)
Depuis que le monde est monde / On nous le dit / S’il te fait les yeux doux / Ma fille, tu t’enfuis / Et s’il hurle dans ta cour / N’ouvre surtout pas / Toc toc toc mais qui est là ? / Le loup qui te mangera
Mais si la fille en a peur / La femme en rêve / Dans la forêt nue qu’un sauvage nous enlève / Nos corps s’abandonnent au soleil qui se lève
Toc toc toc mais qui est là ? / Le loup qui te mangera / Toc toc toc mais qui est là ? / Le loup qui te mangera
En l’absence de nos princes / En supposant que les princes existent encore / Je laisserais bien ma porte / Ouverte toute la nuit / Toc toc toc mais qui est là ? / Le loup qui te mangera
J’en ai marre de ces histoires à dormir debout / Je veux goûter la morsure d’un amour fou / Pouvoir enfin pendre mes jambes à son cou
Toc toc toc mais qui est là ? / Le loup qui te mangera / Toc toc toc mais qui est là ? / Je n’attendais plus que toi / Toc toc toc si tu es là / Entre donc et mange-moi
Un point c’est toi (Zazie, album Zen)
Mets-toi tout nu, si t’es un homme / Histoire de voir où nous en sommes / Qu’on me donne un primate / Sans cravate / Un Zorro / Sans rien sur le dos…
t’es bien plus beau comme ça / Un point c’est tout / Un point c’est toi / Je t’aime comme ça / Un point c’est tout / Un point c’est toi / Sans artifice / Où est le vice…
enlève la tenue / Si t’es un homme / Qui peut le plus / Peut le minimum / Et comme ça / Tu restes la faiblesse / De mon for intérieur / Et moi, maîtresse / En ta demeure…
t’es bien plus mâle comme ça / Un point c’est tout / Un point c’est toi / Je t’aime comme ça / Un point c’est tout / Un point c’est toi / Sans dessus, ni dessous. / Et puis c’est tout / Et c’est comme ça…
gageons que tes états sauvages / Feront moins de ravages / Que tes plumes de paon / Quand toi Tarzan / Moi j’aime / Quand tu tiens d’Adam / Moi je tiens à toi
t’es bien plus beau comme ça / Un point c’est tout / Un point c’est toi… / Je t’aime comme ça / Un point c’est tout / Un point c’est toi / Sans rien du tout / Sans rien que toi / Un point c’est tout.
May 28, 2006
Début mai 2006
Ce mardi-là, nous nous sommes revus. Tu es rentré plus tôt de ton week-end familial pour me voir, pour passer une soirée ensemble.
C’est désormais un rite, que d’essayer de trouver tous les quinze jours un moment à passer ensemble. Je t’ai emmené dans mon endroit intimiste, celui que je ne partage qu’avec mes amants sous les yeux attendris de l’un des propriétaires. Toute la soirée, tu me regardais, et cette petite lueur amusée dans tes yeux si doux. Et puis j’ai orienté la conversation sur notre corps à corps. J’ai vu un voile de désir passer devant tes yeux tandis qu’un violoncelle égrenait ses notes en fond. Tu m’as demandé si nous pouvions partir, nous retrouver enfin seuls, peau contre peau, bouche contre bouche.
Impossible d’aller chez moi, où m’y attend ma vie de mère. Tu me propose ton domicile, vide ce soir-là. Non ! Ma pensée fut violente, ma parole fut douce. C’est là que tu as ta vie, ton autre vie. Ton intérieur, je ne veux pas le connaître. Ni la forme de ta maison, ni la couleur des peintures aux murs, ni même ton studio de musique où j’aimerais pourtant chanter avec ton accompagnement à la guitare. Je ne veux pas croiser le regard de ta compagne dans un cadre de photo. Je ne suis que la maîtresse, celle à laquelle tu donnes ta tendresse que tu ne trouves plus dans ton couple. Je n’ai droit qu’aux moments les plus merveilleux, pas aux banalités du quotidien. Je n’ai droit qu’à cette tendresse et aux jeux amoureux, pas à un sentiment plus fort.
Où aller ? Je t’ai proposé les bois de mon enfance. Bashung à peine inséré dans la platine, nous quittons la capitale tandis que les mots à double sens font monter notre désir mutuel. Tu aimes conduire de nuit. J’aime ta conduite, elle est comme toi : sereine et sûre. Je sais que je peux m’assoupir, tu veille sur moi, rien ne nous arrivera.
Arrivée en forêt. J’hésite entre les rochers et la mare aux grenouilles. C’est cette dernière qui aura ton assentiment. Mais nous n’y arriverons jamais. Un arbre sera notre support pour nos premiers ébats, le tapis forestier pour les suivants. Notre désir est trop fort ; nous faisons et refaisons l’amour plusieurs fois. Et lorsque ton sexe épuisé déclare forfait, ta bouche prend le relais. Merveilleuse sensation que l’exploration faite à mon Moi.
Verticalité, horizontalité ; une heure s’écoulera, au seul son de nos respirations et chuchotements accompagnés par le chant des grenouilles. La fraîcheur et la fatigue auront raison de nos ébats. Il est temps de rentrer. Tu choisis de me faire connaître un autre volet du registre français. Je me laisse bercer par la guitare bluesy de Tout était dit, tandis que tu me parle de Quand tu danses. Il m’a fallu deux semaines pour écouter celle que tu préférais.
J’ai fait la liste de ce qu’on ne sera plus
Quand tu danses, quand tu danses
Mais que deviennent les amoureux perdus
Quand tu danses, y songes-tu?
Quand tu danses, y songes-tu?
Amis non, ni amants, étrangers non plus
Quand tu danses, quand tu danses
Mais quel après, après s’être appartenus
Quand tu danses, y songes-tu?
Quand tu danses, y songes-tu?
Je crois bien que j’aurai besoin de te voir
Quand tu danses, quand tu danses
Sans te parler, ni déranger, mais te voir
Quand tu danses, y songes-tu?
Quand tu danses, y songes-tu?
Et toutes les peines, toutes, contre une seule de nos minutes
Mais n’être plus rien après tant, c’est pas juste
Quand tu danses, y songes-tu?
Quand tu danses, y songes-tu?
Et j’ai fait la liste de ce qu’on ne sera plus
Mais que deviennent les amours éperdues?
Quand tu danses, y songes-tu?
Quand tu danses, y songes-tu?
Quand tu danses (JJ Goldman, 1997, En passant)
C’est trop tôt, même si les affinités sont exceptionnelles. Même si j’ai eu un pincement au cœur en revêtant ma blouse de maîtresse à ta rencontre, toi l’homme dont je n’ai trouvé d’égal à ta tolérance, ton ouverture d’esprit et ta sensualité, l’homme avec lequel je pressentais ces affinités au bout de quelques heures seulement. Fa, tu me disais un jour en parlant de nous : tout se met en place entre nous, petit à petit, chacun des éléments les uns derrière les autres. Mais où cela va-t-il bien nous mener ?