Calou et ses Loulous

March 11, 2007

La mine [Ja] — Calou @ 1:05 am

Visiter le réseau des eaux d’exhaure d’une mine est toujours intéressant. Le faire en compagnie du grand brun aux yeux bleus rencontré la veille sur le salon l’est encore plus.

C’était à Marseille en 2005. Sollicitée dix jours plus tôt, l’attachée de presse m’avait trouvé un joli sujet d’article. De son accent chantant, elle m’avait donné rendez-vous sur le stand de son entreprise. Attendant qu’elle ait fini sa discussion, je jette un oeil sur les autres personnes présentes. Une paire d’yeux d’un bleu délavé se posent sur moi, un sourire naît dessous. Que répondre à un sourire sinon un autre sourire ? C’est ainsi que Ja est rentré dans mon univers. Par un sourire.

Elle me présente cet ingénieur qui sera l’un de mes deux guides pour la visite. Un déjeuner avec l’ensemble des participants du colloque est prévu avant la visite. Bien que n’étant pas à la même table, nous nous faisons face par le jeu du placement imposé. Mes voisins sont intéressants et intéressés pour communiquer des informations au magazine. Mais je sens la paire d’yeux me fixer entre deux coups de fourchette. Au café, je n’y tiens plus et vais m’asseoir à ses côtés. Ce n’est pas de la mine que nous parlerons mais de séduction. A mots couverts, il me fait comprendre qu’il est seul et aimerait fonder un foyer. A mots ouverts, je lui signale que je suis avec Pi. Notre relation s’étiole, Pi se fait distant. Bien que j’y croie encore, j’ai besoin de contacts épidermiques, de chaleur et de tendresse, d’odeurs masculines. Le rendez-vous que j’ai fixé à Masa à Marseille dans ce but n’a pu se faire, son planning ayant changé la veille pour une affaire commerciale en Suisse. Ce grand brun aux yeux bleux, j’en aurais bien fait mon dessert. Mais il n’est pas du genre dessert, plutôt plat de consistance servi au quotidien. Je ne peux pas, je ne dois pas, je ne veux pas avancer cachée pour uniquement goûter de son corps.Je lui parle alors de Nadela, mon amie récemment divorcée. La belle quadra brune qu’elle est pourrait parfaitement lui convenir.

Départ pour la mine. Une heure dans un tunnel, masque de fuite à la ceinture, casque sur la tête, bottes au pied et gants sur les mains. Je sens son souffle dans mon cou, sa main se fait prévenante sur le sol glissant. Nous laissons les deux autres courir derrière le responsable de la mine qui, en habitué, la parcourt à grands pas. Nous n’échangerons pas un mot, juste des regards et des sourires dans la lueur faible donnée par quelques lampes ici et là. La sortie dans un terrain vague entre deux autoroutes se traduit par une vue imprenable sur la Méditerranée, dans laquelle ira se déverser une eau fortement ferrique si rien n’est fait pour canaliser ces eaux d’exhaure.

Je le revois le lendemain midi. Yeux bleus plongés dans mes yeux bruns, sourires de part et d’autre. Pour lutter contre l’effet induit par le bonhomme, je lui vante les charmes de Nadela. Nous convenons d’un dîner à organiser pour sa venue sur Paris, un mois plus tard. Sauf que rien ne s’est déroulé comme prévu. Depuis quelques jours, Pi ne faisait plus partie de mon univers. Grand-Ma n’avait pu se libérer pour garder la princesse de cinq ans et Nadela avait de même un planning bouleversé à la dernière minute par le père de ses trois enfants. Je l’ai donc invité à dîner chez moi. C’est là que tout a dérapé.

 

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