Calou et ses Loulous

March 7, 2008

La toison d’or [Les autres] — Calou @ 10:27 pm

Ayant annoncé un quart d’heure de retard, je suis finalement en avance. A un texto pour me demander comment je suis habillée, je faillis répondre que j’étais nue dans ce café aux portes de Paris où il m’avait donné rendez-vous.

Il ressemble bien à la photo qu’il a publiée. Blanc, rond, les cheveux et la barbe blanche. Ce n’est pas encore le troisième âge ; il y est dans six ans, moi dans vingt-et-un. Il n’a finalement pas 52 ans mais 56. Chirurgien obsétricien, il n’étale pas sa richesse mais son prestige. "Je suis connu dans le quartier", dit-il en subtances dans les histoires qu’il raconte et dont il déplore le manque de considération locale.

Il me fait rire sur certaines histoires. Il m’ennuie sur d’autres. Ses réactions enthousiastes à la négritude blanche que j’arbore me laissent froide. Il ne le sait pas, mais je parcours le chapitre sur la prostituion dans King Kong théorie de Virginie Despente en ce moment. Il ne le sait pas, mais hier, jeudi 6 mars, j’ai passé la journée dans les boutiques entre un sous-vêtement champagne, un livre et le parfum que j’ai enfin réussi à retrouver. Trois éléments-phares de la féminité. Par hasard, j’ai retrouvé l’essence qui me caractérise. Avant d’aller à ce rendez-vous, des dessous de la couleur du champagne et deux pressions sur le vaporisateur m’ont redonné la sensation d’une séduction à venir.

Cabochard de Grès, ou comment être femme poivrée, fleurie, épicée et sucrée tout à la fois. L’être féminin par excellence. L’art d’un grand parfumeur.

Il m’assure que je chavirerai sous ses coups de butoir, puis que lesdits coups de butoirs me rendront monogame. Il se vante d’être bien fourni en matière de turgescence. Son imagination hésite entre des tétons bruns comme les noires ou clairs comme les blanches. Il annonce fantasmer sur la longueur de mes jambes.

C’est la promesse d’un dîner dans je ne sais plus quel restaurant célèbre qui m’a poussé à dire oui : vendre dans exactement onze jours mon corps contre un plaisir culinaire éventuellement intense. Et s’il y en a un qui criera de plaisir, ce sera lui.

Paul Personne, Hubert-Félix Thiéfaine, Amant sous contrôle. Album Amicalement blues

  • Tu m’as gonflé ces derniers soirs avec ton vague regard fêlé de fille qui joue madame de beauvoir en ségolère ivre & camée.
  • Mais ça va bien, mes désirs sont en tungstène, mais ç va bien, j’te sens blottie au fond d’mes veines.
  • Les pâles ombres de tes cils sur ma pauvre âme damnée me rappellent que toutes les femmes sont futiles quand elles oublient de nous flinguer.
  • Mais ça va bien, mes désirs sont un peu blêmes, mais ça va bien, j’te sens blottie au fond d’mes veines.
  • Tu es mon île dans mes amours insensées, tu es de celles qui ont le style, gravées au fond de mes pensées, aussi sexy, my baby.
  • Je t’ai souvent prié comme une déesse, te suppliant de m’aimer, de me donner de la tendresse alors que j’étais blessé.
  • Mais ça va bien, mes désirs sont dans la peine, mais ça va bien, j’te sens blottie au fond d’mes veines.
  • Mais ça va bien, ça va bien, blottis toi, blottis toi, pénètre dans mes veines, o ma baby, pénètre en moi, ça va bien.

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May 26, 2007

Le queutard [Les autres] — Calou @ 9:41 pm

C’est une petite ville de la Meuse. 5000 habitants dans ce qui fut autrefois un bassin de l’emploi. Trois entreprises en tout et pour tout. La ville vit désormais sur son passé, comme ce sépulcre en restauration dans une église totalement désaffectée.

Fid est le directeur général délégué de la première entreprise de cette petite ville. Je l’avais rencontré en 2002. Il m’avait avoué, entre deux verres de rhum, son intérêt pour les filles métisses. Il accueillait ces dames avec un baise-main et s’exprimait dans un français châtié dont on sentait qu’il avait été acquis sur les bancs d’une très bonne école. Au fur et à mesure des années, je l’avais revu sur plusieurs salons. Toujours courtois et l’oeil vif.

Mais un annonceur n’est jamais un bon amant.

Nous avons passé ce mercredi ensemble à visiter l’usine, en interview de lui et de son grand frère, Pdg du groupe, puisque cette usine ne représente qu’une partie de leurs actifs. Le frangin a fait une grande école technique. Il a l’air d’un industriel de province. Bon époux, bon père, bon travailleur. Fid n’a jamais terminé l’école de commerce qu’il avait commencé. Il le dit lui-même, c’est un fils à papa. Mais un fils à papa qui ne s’est pas contenté de vivre sur les subsides paternelles. De 7 h du matin à 21h, il travaille. Il passe le reste de son temps à jouir de la vie.

A l’aller, nous discutions de nos enfants respectifs, ces enfants de couples séparés dont les parents font passer l’intérêt de l’enfant avant le leur. Au retour, il évoquait avec un air coquin les polissonneries à faire dans un train. Et quand est passée une escouade de policiers, il a juste dit "ils ne se déplaceront pas si je te viole". Je lui ai répondu : "nous regarder les intéresserait plus que de nous arrêter".

J’ai préféré dormir ensuite contre la vitre. Je suis sûre que ce grand queutard a une bite molle.

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